Les KALASH : descendants des soldats d’Alexandre le Grand ?

Dans les montagnes entre le Pakistan et l’Afghanistan au nord de la « Khyber Pass » vit  un peuple unique : les Kalash. Ils sont traités de « kafirs » ce qui signifie « non-croyants » par les musulmans. Ils se considèrent  comme les descendants des colons grecs et macédoniens  qui immigrèrent en Asie Centrale, au Pakistan et au nord-ouest de l’Inde à l’époque d’Alexandre le Grand vers 327 av. J.C.

Cela est-il plausible ?

Deux hypothèses :

  • Les Kalash sont-ils des  descendants des soldats d’Alexandre le Grand?
  • Les Kalash sont-ils  issus de migrations de populations Indo-Européennes vers l’Asie centrale? Le foyer originel des Indo-Européens serait localisé au nord de la Mer Noire.

Étudions les 2 hypothèses :

Première hypothèse : 

Ils sont à peu près 4000 et se disent descendants des soldats d’Alexandre le Grand. Ils se distinguent de la majorité musulmane par leur langue et leurs croyances.

  • Leur langue, d’origine indo-européenne, comporte beaucoup d’éléments grecs  et sanskrits.
  • Leurs traits sont distinctement caucasiens : peau pâle, yeux bleus et  cheveux clairs.
  • Leurs croyances et pratiques religieuses sont presque inchangées depuis 2300 ans et ce malgré l’antagonisme musulman.
  • Leurs déités ont une forte ressemblance avec Zeus, Dionysos, Apollon et Aphrodite.
  • D’autres particularités de la culture Kalash sont le style de vêtements,  des pratiques de vinifications, ainsi que la réalisation de statues funéraires en bois et de sculptures stylisées qui ont beaucoup de ressemblance avec les us et coutumes des anciens grecs.

Depuis l’islamisation de l’Asie Centrale, du Pakistan et de l’Afghanistan les Kalash furent persécutés. Vers la fin du XIX° siècle, ils subirent une campagne de conversion forcée par le roi d’Afghanistan, Amir Abdul Rahman.

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Les Kalash sont sans doute un témoignage de l’empreinte des conquérants macédoniens dans cette région. A Bumburet, l’une des trois vallées qu’ils habitent : la « Kalasha Dur », une immense bâtisse neuve de trois étages sur laquelle a été apposée une plaque en grec, abrite une école, un centre de soins et même un musée dont les colonnes ont été sculptées selon les canons de l’architecture ionienne. Dans cette région au minimum 2 villes portaient le nom d’Alexandrie :

  • Alexandrie du Caucase (Begram)
  •  Alexandrie sous Caucase (Kaboul).

La région fit partie jusqu’au début de notre ère du royaume gréco-bactrien (Royaume de Bactriane). Alexandre a créé 15 villes portant le nom d’Alexandrie. Ces villes s’étiraient sur ce qui plus tard portera le nom de « route de la soie ». Elles permirent certainement une migration des Grecs et des Macédoniens  vers le royaume de Bactriane, l’Indus et le territoire Kalash. Réf. :

  • -Si-Yu-Ki: Buddhist Records of the Western World.
  • -Pakistan –Kalash of cultures (Mark Corcoran)
  • -Kalash: The lost Tribe of Alexandre le Grand. National Géographic
  • -Ethnic Cleansing of the kafirs in Pakistan.
  • -Amir Abdul Raman Khan

DEUXIEME HYPOTHESE :

On peut penser qu’il s’agit d’un mélange de plusieurs histoires. Les peuples d’Afghanistan  et du Pakistan sont sans doute les plus proches, ethniquement parlant, des premiers  indo-européens et  les conquêtes d’Alexandre le Grand ont certainement apporté un métissage important. De fait, dans ces régions, ainsi que dans le sud-ouest de la Chine, on trouve des momies et des populations ayant un pourcentage plus important d’une signature génétique européenne. Un mutant de l’haplogroupe R se retrouve en Europe et en Asie Centrale, ainsi qu’au Pakistan et en Afghanistan (Un haplotype est un ensemble de gènes situés côte à côte sur un chromosome. Ils sont généralement transmis ensemble à la génération suivante et sont dits « génétiquement liés »). L’ haplogroupe  R1b est le plus fréquent en Europe occidentale. Il existe chez 90 % de la population européenne mais aussi dans le sud de l’Asie Centrale : Iran, Pakistan, Afghanistan, Ouzbékistan et ouest de la Chine. (Bassin du Tarim). Le « peuple de la mer » qui sema le chaos et la terreur le long des côtes d’Israël, de la Phénicie et de l’Egypte lors du 2° millénaire av. J.C en était pour la plupart porteurs ainsi  que les Grecs.

Répartion de l'haplotype 'R' dans le monde

Répartion de l’haplotype ‘R’ dans le monde

Ce peuple était sans doute d’origine ionienne, ceci expliquant cela. Un moine bouddhiste du 7° siècle av. J.C  décrit une population majoritairement  avec les yeux bleus et des traits non asiatiques, dans les montagnes à proximité du fleuve Oxus.(Amou Daria. Il coule du Pamir vers la mer d’Aral). Pour Augusto S. Cacopardo, l’un des ethnologues qui a mené depuis trente ans les travaux les plus précis sur la question, il ne relève aucune trace, d’un personnage pouvant s’approcher d’Alexandre le Grand dans la tradition orale et la mythologie kalash. La linguistique met clairement en évidence  le peu de corrélation entre  le grec et le kalashamon (la langue kalash). Les quelques liens morphosyntaxiques ayant pu susciter des fantasmes chez des linguistes grecs sont le simple résultat des origines communes lointaines des langues appartenant à la famille indo-européenne. Les Kalash sont en réalité le dernier peuple issu des Kafirs (littéralement, les «infidèles»), dont la grande majorité ont été convertis à l’islam, il y a moins de deux siècles. Leur présence serait donc bien antérieure à l’arrivée d’Alexandre dans la région. En Occident, la référence a surtout oscillé entre récits de voyages (de Marco Polo aux explorateurs anglais) et mythes littéraires. On a  pu mettre au jour une dimension encore plus inattendue : cette légende a été entretenue depuis de nombreux siècles dans la région par les souverains locaux musulmans comme marqueur identitaire. Les souverains du Badakhshan n’hésitaient pas à s’octroyer le titre de zulqarnain (« à deux cornes »), en référence à l’épithète qualifiant Alexandre dans son appellation coranique. L’une des principales raisons de cette référence à Alexandre réside très probablement dans le fait qu’elle leur permettait de nouer des alliances locales au nom d’un improbable « lien de fraternité » avec le nouveau conquérant anglais. (Réf : Le Monde Diplomatique mai 2010)  Zulkarnain, littéralement «possesseur de 2 cornes» est décrit dans le Coran, comme un grand et juste souverain. Son identification n’est pas claire. L’Islam moderne l’identifie comme Alexandre le Grand, mais certains érudits musulmans l’identifient à Cyrus le Grand, d’autres à l’empereur byzantin Héraclius. Comme nous le faisait remarquer Monsieur Preyat, les Iraniens le considèrent comme un barbare et pourtant leur livre saint le considère comme un grand souverain. Nous avons le choix.

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