La bataille de Charleroi a juste 100 ans

Pourquoi la « Grande Guerre de 1914-1918 ?

En 1900, l’Europe est divisée en 3 zones d’influence :

  • La Pologne (catholique) déchirée entre la germanisation et la russification.
  • L’Empire Austro-hongrois de la Roumanie aux Balkans à l’Empire Ottoman (Turquie et Moyen Orient), à l’empire Russe et à l’Italie.
  • Le reste de l’Europe, France, Grande Bretagne, Belgique, Luxembourg, Hollande.

L’Espagne comme d’habitude fait bande à part. Elle a été battue par les USA à Cuba et ne rêve que de revanche. S’allier à l’Allemagne lui semble une bonne solution pour lutter contre la France et les colonies françaises en Afrique du Nord et contre le Royaume Uni et ses colonies en Asie.
Dans ce méli-mélo, la Russie, la Chine, le Japon prennent le contrôle de la Mandchourie, la Corée et la Chine.
Au même moment les Allemands voient les Hottentots leur résister alors que les Britanniques n’en finissent pas avec la guerre des Boers en Afrique du Sud.

La situation est terriblement explosive !

L’économie passe de crise en crise. Des mouvements sociaux éclatent un peu partout. Mise en cause des salaires, droit de vote, mouvements féministes, anarchistes, attentats contre les souverains par des nationalistes de tous bords, exécutions politiques.
On sent la guerre arriver !
On construit des canons de plus en plus puissants (Le Creusot en France et
Krupp en Allemagne), l’aviation est considérée comme une arme.
Des alliances se créent :

  • La France et les Iles britanniques sous le régime de « l’entente cordiale ».
  • La France et la Russie signent un traité d’entre-aide mutuelle.
  • La Russie promet d’intervenir si la Serbie (orthodoxe) est attaquée.
  • Le Reich allemand promet de soutenir l’Autriche Hongrie et la Bulgarie.
  • L’Allemagne, le Japon et l’Italie se lient par un pacte « Triplice ».
  • La Turquie et l’Allemagne s’associent pour signer un pacte d’aide avec la Perse.

En Afrique et en Asie ça ne va guère mieux , car composées pour la majorité de colonies occidentales, ces pays se trouvent ipso-facto liés par les traités des pays colonisateurs.

Il manque juste un détonateur!

Celui-ci sera fourni par l’attentat de Sarajevo en Bosnie qui causera la mort de l’héritier du trône impérial austro-hongrois en juin 1914.

  • Les Austro-hongrois envahissent la Serbie ; les Russes déclarent la guerre à l’empire.
  • L’Allemagne déclare la guerre à la Russie.
  • La France déclare la guerre à l’Allemagne.
  • Le 4 août 1914, l’Allemagne envahit la Belgique.
  • Les Anglais déclarent la guerre à l’Allemagne.

Le 29 juillet 1914, une réunion de paix est organisée à Bruxelles. Les leaders socialistes allemands (Adler), français (Jaures) et belges (Van de Velde) affirment leurs volontés pacifistes.
Le 2 août, Jean Jaures est assassiné à Paris et les leaders rejoignent leurs clans.
Dans les Balkans, les Turcs et les Allemands occupent les territoires. Les combats font rage entre Russes et Allemands en Pologne.
Avant la fin août 1914, la Belgique est occupée jusque la frontière française. Fin septembre le front est stabilisé (après la bataille de la Marne).
En 1917, c’est l’effondrement de l’empire Russe et la constitution d’un nouvel état. Les USA se joignent à la coalition franco-britannique.
Les fronts vont se stabiliser à l’Yser en Belgique, à 70 km de Paris et à Verdun.
En 1918, le Reich se dissout petit à petit, l’Empereur part en exil et la république de Weimart est proclamée. L’empire austro-hongrois se démantèle de lui-même. En 1918, le traité de Versailles met l’Allemagne en servitude.

Le prix de la guerre fut abominable : 10 millions de morts.

A Verdun entre 1916 et 1917, on estime qu’un obus a explosé sur chaque cm². De 1918 à 1919, la grippe espagnole fera encore des millions de morts dans le monde.

Attentat Sarajevo

Attentat de Sarajevo en 1914

Bataille de Charleroi : 22 août 1914

Bataille de Charleroi : 22 août 1914

Soldats belges en 1914 Front de Charleroi.

Soldats belges en 1914 Front de Charleroi.

La bataille de Charleroi dure du 21 au 23 août 1914 et oppose les troupes françaises du général Lanrezac à la 2° armée allemande du général Von Bülow. A l’ouest de Charleroi, le corps expéditionnaire britannique et la 1° armée du général Von Kluck s’affronteront à Mons.

Le 20 août: L’armée française se trouve sur la Sambre entre Charleroi et Namur et protège tous les ponts.En face l’armée allemande.
Le 21 août, les 2 armées s’affrontent dans la région d’Auvelais, de Tamines et d’Arsimont. La région étant industrielle et fortement peuplée, empêche l’utilisation de l’artillerie lourde. Les Allemands finissent par établir plusieurs têtes de pont sur l’autre rive de la Sambre.
Le 22 août, l’armée française est renforcée par 2 corps d’armée : Les 37° et 38° divisions de zouaves et de tirailleurs algériens. Avec ces renforts, une contre-offensive est réalisée et les Français reprennent les ponts, mais seulement pendants quelques heures. Les Français découvrent l’efficacité des mitrailleuses et de l’artillerie lourde allemande. L’armée allemande déborde les Français à Charleroi.
Le 23 août, l’armée française se met en défensive sur les hauteurs sud de la vallée de la Sambre. Au même moment le 1° corps français prend contact avec la 3° armée allemande le long de la Meuse à Dinant. Simultanément les Britanniques entrent en contact avec la 1° armée allemande à Mons. Les Britanniques doivent se retirer. Le corps de cavalerie de Sordet assure le contact entre les Français et les Britanniques.
Le 24 août, le général Charles Lanrezac ordonne la retraite sur Avesnes, Hirson et Charleville en prenant en même temps appui sur la place forte de Maubeuge et sur les Ardennes. La bataille de Charleroi donne lieu à des exactions allemandes sur les populations civiles de Chatelet, Tamines, Monceau sur Sambre et Auvelais.

Philippeville en août 1914.

Le 5 août 1914, la commune fait installer un hôpital de la croix rouge dans les locaux de l’institut Notre Dame. Le 1 août, le Xeme Corps d’Armée Française prend possession des locaux et l’Institut ND devient Ambulance Française sous la direction du Médecin Major Louis Rigollt-Simonnot. De nombreux civils en provenance de Charleroi-Tamines-Auvelais campent dans le parc de l’Institut. Des blessés allemands et français affluent dans l’ambulance.
Le 24 août, suite aux massacres de Surice et d’Hastière, les sœurs quittent le couvent, sauf 3 sœurs et le médecin major qui se sacrifient. Arrivées à Roly, elles sont rattrapées par les troupes allemandes qui les ramènent à l’ambulance de Philippeville.
Le 26 août, les troupes allemandes entrent dans Philippeville et apportent leur soutien à l’œuvre de charité entreprise par les sœurs. Le médecin major est félicité par le général allemand, mais cela n’empêchera pas son envoi en captivité en janvier 1915.
Le 12 janvier 1915, l’ambulance de Philippeville est fermée.

Ecole ND en 1914. Philippeville.

Ecole ND en 1914. Philippeville.

Célébration du dimanche 24 août au cimetière militaire de Tarciennes

Le dimanche 24 août 2014, une célébration du souvenir y a été organisée . Le cimetière rassemble les tombes de 600 militaires français, allemands et russes tombés lors de la bataille de Charleroi. La paroisse de Tarciennes avec la collaboration de l’abbé Hubert Jeanjean y a organisé une célébration du souvenir dans le cadre de ce cimetière.
Un cortège, emmené par la fanfare royale Saint-Eloi de Laneffe, s’est formé au départ de la N5. Toutes les chorales paroissiales rassemblées en un superbe chœur accompagnaient la célébration de manière très émouvante.

L’ADMINISTRATION COMMUNALE DE Walcourt participait, représentée par la députée-bourgmestre Christine Poulin, la présidente du CPAS Maryse Robert, le conseiller communal Jean Luc Liessens et l’échevin Marc Preyat.

Lors de son homélie l’abbé Jeanjean souligne que ce cimetière était un lieu de calme, de prières et de méditation sur les événements actuels. Des soldats de trois confessions sont unis dans la mort : des catholiques, des protestants et des musulmans. Il a rappelé que ce 24 août était aussi la fête de Saint Barthélémy. Fin du 16eme siècle, à Paris, des catholiques ont massacré des protestants. C’est ce qu’on a
appelé le massacre de la Saint-Barthélemy. Comme on peut le constater, l’origine des conflits est souvent la recherche du pouvoir et/ou la religion. Il poursuit : «Je vous invite donc aujourd’hui à vous demander, chacun et chacune, comment vous pouvez à votre niveau enrayer cette montée de la
violence car la guerre existe toujours dans certaines parties du monde».

La cérémonie s’est terminée par l’interprétation des hymnes belge, français, allemand et russe.
Les enfants firent un lâcher de ballons devant les panneaux didactiques installés à l’entrée du cimetière alors que la fanfare interprétait l’hymne européen. Le verre de l’amitié a rassemblé tous les participants à cette belle manifestation que l’on espère récurrente dans les prochaines années.

Photo V. Pinton – L’Avenir

Photo V. Pinton – L’Avenir

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