La Vierge en majesté de Seron

Un chef d’œuvre restauré du XIIe siècle rejoint le TreM.a

Lors de son dépôt à la Société archéologique de Namur (SAN), la « Vierge en Majesté de Seron » était très dégradée en surface mais son état de conservation était globalement bon. Le Fonds Courtin-Bouché, géré par la Fondation Roi Baudouin, a financé les travaux de restauration qui ont été menés par l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA). La Société archéologique de Namur a en outre commandé une copie. Réalisée par un sculpteur de Nivelles, elle a été placée dans la chapelle Saint-Laurent de Seron pour remplacer l’originale. Aujourd’hui, la « Vierge en Majesté de Seron » restaurée rejoint les trésors du Moyen Âge exposés au TreM.a à Namur. Une nouvelle publication, La Sedes sapientiae de Seron, paraît également à cette occasion dans la collection Guide du visiteur, éditée par la Province de Namur.

La Sedes Sapientiae – « Vierge en Majesté » – provient de la chapelle Saint-Laurent de Seron, dans la commune de Fernelmont en province de Namur. Datant de l’époque romane, elle est l’une des rares Sedes Sapientiae de Belgique à avoir traversé les siècles en conservant son aspect d’origine. Contrairement à d’autres pièces de la même époque, elle n’a pas subi au cours du temps de restaurations drastiques ni de décapage qui l’auraient dégradée de manière irréversible. Grâce à ses repeints successifs (jusqu’à 7 par endroits), la sculpture a traversé les siècles sans dommages majeurs et la seconde polychromie, datant du XIVe siècle, a été préservée à plus de 70 %. La rareté de l’œuvre et son état justifiait une restauration importante pour retrouver les formes de la sculpture, sa seconde polychromie et l’expression de son visage.

Chef d’œuvre en péril

En 2004 la fabrique d’église Saint-Laurent décide de confier la « Vierge de Seron » à la Société archéologique de Namur afin de la préserver et de l’exposer dans des conditions optimales au TreM.a. Cependant, l’état de l’œuvre était trop dégradé. La sculpture était attaquée par des insectes xylophages et les repeints et enduits successifs étaient très altérés, ils formaient de véritables croûtes et crevasses sur toute l’œuvre. Les formes du visage, repeint plus souvent que les vêtements, étaient les plus endommagées.

Études préparatoires et restauration complète

L’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) entreprend tout d’abord des études stratigraphiques et topographiques. Un examen à l’aide d’un scalpel ophtalmique sous microscope binoculaire permet de dégager les repeints successifs, couche par couche, pour découvrir un œil bleu très bien conservé. Cela confirme que la sculpture avait bien une expression, un regard. Le travail de restauration allait pouvoir commencer.

Vierge de Seron avant restauration

Avant restauration

Vierge de Seron après restauration

après restauration

Copie conforme

Cependant, l’absence de la «Vierge de Seron» dans la chapelle Saint-Laurent pose un problème inattendu. Faisant l’objet d’une dévotion locale, la sculpture risque de n’être jamais remplacée dans le cœur des fidèles. La Fabrique d’église et la Société archéologique de Namur décident donc de réaliser une copie conforme. Ce qui permet à la fois de mettre en valeur le patrimoine matériel représenté par cette sculpture et de le protéger. La sculpture actuelle (en bois de bouleau, pour se différencier de l’originale), réalisée par Christian Patriarche et sa fille, est installée depuis le début de la restauration dans la chapelle Saint-Laurent. La « Vierge de Seron » originale sera exposée au TreM.a, le Musée des Arts anciens du Namurois – Trésor d’Oignies, à partir de ce vendredi 10 octobre.

La Sedes sapientiae de Seron, n° 19 de la collection Guide du visiteur éditée par la Province de Namur, sort également à cette occasion. Les auteurs de cette publication disponible au TreM.a sont Emmanuelle Mercier, Conservatrice-restauratrice à l’IRPA, et Jean-Claude Ghislain, Docteur en archéologie et histoire de l’art.

Article relayé du site de la Société archéologique de Namur (lien vers l’article d’origine)

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