La Via Dolorosa et la passion, Histoire et histoire !

Suite à l’article concernant les contradictions se rapportant à l’esplanade du temple de Jérusalem, profitons de cette période qui précède Pâques, pour commenter l’histoire archéologique de la Via Dolorosa et de la Passion à Jérusalem. Deux aspects sont à envisager : le chemin intérieur des pèlerins et l’aspect historique et archéologique qui sera mis ici en évidence.

Aujourd’hui encore, des pèlerins refont le chemin de la passion du Christ en parcourant la Via Dolorosa, à la suite d’un vénérant. Cette pratique était une antique tradition de la Ville sainte. Elle était suivie par les pèlerins surtout depuis les IIIe – IVe siècles.
Dès la domination musulmane, les pratiques chrétiennes furent interdites, y compris le chemin de Croix. Au XIXe s., les pèlerins se contentaient de parcourir à toute vitesse la Via Dolorosa. Mais ils risquaient leur vie. En 1879, le pacha d’İstanbul autorisa la procession du chemin de Croix. Selon la coutume orientale, qui veut que « l’usage établit le droit », les pèlerins pouvaient à nouveau célébrer la Passion du Christ.

Les recherches archéologiques témoignent que les chrétiens ont essayé de retrouver les lieux dont parlent les Évangiles. Mauvaise technique ! L’archéologue fait une découverte et ensuite essaye de la rattacher à des événements historiques passés. Parfois on se base sur des traditions solides et anciennes, tels le Golgotha, le tombeau, etc., parfois sur des textes religieux écrits des centaines d’années plus tard. Les écrits canoniques du premier et du deuxième siècle nous déçoivent, car ils manquent de documents de référence.
Plusieurs de ces écrivains ont eu des contacts avec des chrétiens, mais aucun avec le Christ. Il n’y a donc pas de témoignage direct. Il faut garder à l’esprit que si il y a un manque de références, c’est que Jésus était un Juif marginal, à la tête d’un mouvement marginal dans une province marginale du vaste « Empire Romain ».
Il existe bien un « évangile de Pierre », mais c’est un évangile de type synoptique lui étant attribué, mais rédigé par un ou plusieurs inconnus, probablement après le milieu du IIe s. quoique la datation de sa composition soit débattue et que certains chercheurs en fassent un possible document contemporain des évangiles canoniques. Il n’est connu que par un long fragment trouvé dans la tombe d’un moine à d’Akhmîm (Haute-Égypte). Il a été déclaré apocryphe au VIe s. Malheureusement nous n’en possédons qu’un fragment.

Il serait surprenant qu’un Juif ou un païen parle de Jésus au premier siècle. La majorité des références à Jésus, nous proviennent de Flavius Josèphe.

Flavius Josèphe est le premier témoin potentiel de la vie de Jésus. Il est juif et aristocrate, politicien et historien. De son vrai nom, Joseph ben Matthias ( 37 – 100 ap. J.-C.). Il devient l’historien des empereurs Vespasien, Titus et Domitien. Il est l’auteur de deux grands livres : « La Guerre Juive », écrit après la chute de Jérusalem vers 70 ap. J.-C. et les « Antiquités Juives », écrit entre 93 et 94 ap. J.-C.
Dans « Les Antiquités Juives », il y a un court passage concernant le Christ et c’est celui auquel on accorde le plus de crédibilité.

« Étant ce type de personne (un sans-cœur de Sadducéen) Ananus, pensant qu’il avait une opportunité favorable parce que Festus était mort et que Albinus n’était pas encore arrivé, a organisé une rencontre des juges et a amené le frère de Jésus qu’on appelle le Messie (ton adelphon Iesou ton legomenou Christou), Jacques par son nom, et quelques autres personnes. Il les a accusés d’avoir transgressé la loi et les a amenés pour être lapidés. »

Il est simplement mentionné ici parce que son exécution illégale a causé la déposition d’Ananus et que le nom de Jacques est si commun dans la langue juive et dans les écrits de Josèphe, qu’il sent le besoin de préciser de quel Jacques il parle. Josèphe ne semble pas lui connaître de parents, car sinon il aurait pu parler de Jacques « fils de Joseph ». Il est donc forcé de l’identifier par son frère mieux connu, Jésus, qui est le Jésus qu’on appelle le Messie.

Dans « Les Antiquités Juives » il cite :

« En ce temps-là est apparu Jésus, un homme sage, si on peut l’appeler un homme. Il faisait des actions surprenantes et enseignait aux gens qui recevaient la vérité avec plaisir (ton hedone talethe dechomenon). Il avait des disciples parmi les Juifs et parmi les Grecs. Il était le Messie. Et quand Pilate, à cause d’une accusation des juifs, l’a condamné à la croix, ceux qui l’ont aimé auparavant n’ont pas cessé de le faire. Il leur est apparu au troisième jour, de nouveau vivant, comme les divins prophètes, qui racontent des choses merveilleuses à son sujet, l’avaient dit. Et jusqu’à ce jour, la tribu de Chrétiens, nommé à partir de lui, n’est pas morte. »

Les archéologues et spécialistes se posent des questions : Les nombreuses traductions n’ont-elles pas changé le sens du texte ? Il semble écrit par des chrétiens et non par un juif à la solde de Rome. En effet, Flavius Josèphe fait mention de miracles, de disciples, de l’arrestation de la condamnation du Christ et de sa réapparition le troisième jour. De même, l’écrivain romain Tacite et le Talmud de Babylone mentionnent aussi certains épisodes de la vie de Jésus. Dans la suite du texte on trouve aussi des noms de la vie juive à Jérusalem en l’an 30 : Pilate, mais aussi les grands prêtres Anne et Caïphe, le commandant du temple qui obéit au grand prêtre et a le pouvoir d’arrêter Jésus. Des lieux au nom araméen : Gabbatha, le fameux dallage où Jésus a été jugé et fouetté, Golgotha le lieu de la crucifixion, Joseph, originaire d’Arimathie , un village au nord de Jérusalem.

Il apparaît clairement aujourd’hui que le Golgotha se trouvait bien hors les murs au moment de la crucifixion, car le mur qui enserre Jérusalem date des années 40, œuvre d’Hérode Agrippa (37-44). Flavius Josèphe, parle à plusieurs reprises de celui qu’il appelle d’abord  « le Thaumaturge », et quelques années plus tard qu’il désigne sous le nom de Jésus en disant « Christos, c’était lui ».

L’authenticité du passage suivant est discutée, en particulier à cause de l’affirmation (un peu timide) du caractère divin de ce thaumaturge, mais cela n’a en fait rien d’anormal dans le judaïsme du temps : Josèphe rapporte des guérisons opérées par exorcisme ; l’ancêtre de cet art, une spécialité des Esséniens, est Salomon, que Dieu avait doté de pouvoirs spéciaux (AJ 8:45-49). De plus, il est difficile de croire qu’un interpolateur chrétien ait pu concevoir un récit aussi peu chrétien. On pourrait imaginer un judéo-chrétien, mais alors il serait nécessairement proche de la Judée et du temps de Josèphe, ce qui conduit à des hypothèses compliquées sur les circonstances de son activité. II est plus naturel de conclure que Josèphe est témoin d’un ensemble de traditions dans lesquelles ont puisé aussi les rédacteurs des évangiles.

« Alors parut un homme, s’il est permis de l’appeler homme. Sa nature et son extérieur étaient d’un homme, mais son apparence plus qu’humaine, et ses œuvres divines : il accomplissait des miracles étonnants et puissants. Aussi ne puis-je l’appeler homme. D’autre part, en considérant la commune nature, je ne l’appellerai (ou on ne l’appellera) pas non plus ange. Et tout ce qu’il faisait, par une certaine force invisible, il le faisait par la parole et le commandement. Les uns disaient de lui : “ C’est notre premier législateur qui est ressuscité des morts et qui fait paraître beaucoup de guérisons et de preuves de son savoir. ”
D’autres le croyaient envoyé de Dieu. Mais il s’opposait en bien des choses à la Loi et n’observait pas le sabbat selon la coutume des ancêtres ; cependant, il ne faisait rien d’impur ni aucun ouvrage manuel, mais disposait tout seulement par la parole.
Et beaucoup d’entre la foule suivaient à sa suite et écoutaient ses enseignements. Et beaucoup d’âmes s’agitaient, pensant que c’était par lui que les tribus d’Israël se libéreraient des bras des Romains. Il avait coutume de se tenir de préférence devant la cité, sur le mont des Oliviers. C’était là qu’il dispensait les guérisons au peuple. Et auprès de lui se rassemblèrent cent cinquante serviteurs, et d’entre le peuple un grand nombre. Observant sa puissance, et voyant qu’il accomplissait tout ce qu’il voulait par la parole, ils lui demandaient d’entrer dans la ville, de massacrer les troupes romaines et Pilate, et de régner sur eux 51 Mais il n’en eut cure. Plus tard, les chefs des Juifs en eurent connaissance, ils se réunirent avec le, grand prêtre et dirent : “ Nous sommes impuissants et faibles pour résister aux Romains, (qui sont) comme un arc tendu Allons annoncer à Pilate ce que nous avons entendu, et nous n’aurons pas d’ennuis: si jamais il l’apprend par d’autres, nous serons privés de nos biens, nous serons taillés en pièces nous-mêmes et nos enfants dispersés en exil. ” Ils allèrent le dire à Pilate. Celui-ci envoya des hommes, en tua beaucoup parmi le peuple et ramena ce thaumaturge. Il enquêta sur lui, et il connut qu’il faisait le bien et non le mal, qu’il n’était ni un révolté, ni un aspirant à la royauté et le relâcha, car il avait guéri sa femme qui se mourait.
Et, venu au lieu accoutumé, il faisait les œuvres accoutumées. Et de nouveau, comme un plus grand nombre de gens se rassemblaient autour de lui, il était renommé pour ses œuvres par-dessus tous. Les docteurs de la Loi furent blessés d’envie, et ils donnèrent trente talents à Pilate pour qu’il le tuât. Celui-ci les prit et leur donna licence d’exécuter eux-mêmes leur désir. Ils le saisirent et le crucifièrent en dépit de la loi des ancêtres. »

Un autre texte des « Antiquités Juives » est intéressant :

« Christ(os), c’était luiEt, Pilate l’ayant condamné à la croix, selon l’indication des premiers d’entre nous, ceux qui avaient été satisfaits au début ne cessèrent pas. Il leur apparut en effet le troisième jour, vivant à nouveau, les divins prophètes ayant prédit ces choses étonnantes et dix mille autres merveilles à son sujet. Et jusqu’à présent, l’engeance des chrétiens, dénommée d’après celui-ci n’a pas disparu. »
(Antiquités Judaïque 18 / 63-64)

Ces textes confirment bien que « quelque chose s’est passé ».

Voyons l’histoire de la via Dolorosa.
La plus ancienne trace prouvée archéologiquement d’une procession, est datée du IVe s. Elle se déroulait d’une église à l’autre en partant du jardin des Oliviers jusqu’au Saint Sépulcre. Selon l’accent que voulaient mettre les pèlerins sur tel ou tel épisode des Evangiles, le trajet était plus ou moins long et les étapes très variables. C’est à l’époque des croisés, en intégrant le mont Sion, que le chemin de Croix fut sans doute le plus proche de la réalité. A cette époque le chemin de Croix n’était pas celui que nous connaissons actuellement.
La dévotion en 14 stations, c’est développée en Europe à partir des œuvres de Jan Pascha (1563) et de Christian Van Adrichem (1584), qui ajoute les chutes de Jésus et la rencontre avec Véronique (Théologiens et pèlerins à Jérusalem). C’est au XVIIIe s. que l’itinéraire actuel fut définitivement fixé.

Avec le développement des sciences et de l’archéologie on peut situer avec beaucoup plus de précision les lieux clés de la Passion.
En 1843, lors de la construction du couvent des sœurs de Sion, on découvrit une citerne et des vestiges romains qui furent interprétés comme ayant fait partie de la forteresse Antonia qui surplombait l’esplanade du temple. On déduisit un peu vite qu’il s’agissait du prétoire de Pilate, lieu de condamnation du Christ. En 1902, on y consacra une basilique : « L’Ecce Homo » (Voici l’homme). On croyait même qu’une arche de la basilique était l’entrée de la forteresse.

Arche commémorant la victoire d’Adrien sur la deuxième rébellion juive en 132

Arche commémorant la victoire d’Adrien sur la deuxième rébellion juive en 132

Déception ! Une étude archéologique poussée montra qu’il s’agissait d’une arche commémorant la victoire d’Adrien sur la deuxième rébellion juive en 132.

Le Lithostrotos (dallage romain) sous le couvent était considéré comme l’endroit où Jésus a souffert aux mains des soldats romains, et où le procès par Ponce Pilate a eu lieu.

Le Lithostrotos.

Le Lithostrotos.

Actuellement on sait que c’était une erreur. On croit que la condamnation se serait déroulée dans le palais d’Hérode, aujourd’hui « Tour de David » près de l’actuelle porte de Jaffa. Pilate ne vivait sans doute pas dans un endroit aussi spartiate que la citadelle, mais plutôt dans le palais d’Hérode le Grand, construit 50 ans avant.

La porte de Jaffa ou porte de la Tour de David

La porte de Jaffa ou porte de la Tour de David

La question de l’itinéraire n’est certainement pas résolue, mais les recherches doivent avoir le dernier mot. Paradoxalement, à force de précision, le chemin de Croix devrait se faire sous terre. La Jérusalem d’il y a 2000 ans se situait entre quatre et six mètres plus bas que la ville actuelle. Seul le Saint-Sépulcre et les environs nous donnent accès aux lieux même des événements. Les divers travaux ont permis de déterminer avec précision le périmètre de la ville hérodienne, ainsi que la présence d’un jardin sur une ancienne carrière, sans doute le Golgotha et d’identifier les portes de la ville hérodienne.
Il est admis par tous les historiens que les condamnés partaient du palais d’Hérode et se rendaient au Golgotha en passant par une porte et des escaliers que l’on peut voir dans l’église russe Alexandre-Nevski, construite au XIXe siècle. Actuellement on situe avec beaucoup de précision la Vieille Ville, le mont des Oliviers, la vallée du Cédron ou de la Géhenne, le mur occidental, les escaliers du Temple à l’époque Hérodienne et les rues de la ville du Ie siècle.
VD05Le visiteur qui parcoure la Via Dolorosa, sait que ce qu’il voit ne sont pas les lieux d’autrefois, cependant parcourir les ruelles de la Vieille Ville marque toujours le marcheur. On n’en sort jamais indemne.

Le mont des oliviers vu de la vieille ville

Le mont des oliviers vu de la vieille ville

L'église du Saint-Sépulcre

L’église du Saint-Sépulcre

Le jardin de Gethsémani

Le jardin de Gethsémani

Les Evangiles disent que Jésus s’est arrêté dans un jardin dont le nom n’est pas donné, mais qui est mentionné après que Jésus et ses disciples soient allés « de l’autre côté du torrent du Cédron ». Sur la base de ces informations de l’évangile de Jean, on suppose qu’il s’agissait d’une oliveraie située au pied du Mont des Oliviers à Jérusalem et Identifiée au IVe siècle sous l’impulsion de la mère de l’empereur Constantin et qui aujourd’hui porte le nom de « Jardin de Gethsémani ».

On ne possède pas d’écrits originaux de Flavius Josèphe. C’est regrettable puisqu’il fut un témoin direct de cette époque. Tout ce que nous savons, vient de traductions en grec et en latin. Elles furent sans doute remaniées par les scribes byzantins lors du règne de Constantin. L’impartialité n’est donc pas garantie, mais d’autres témoignages nous font penser qu’il n’y eut que quelques adaptations lors des traductions.

Voici d’autres témoignages historiques d’auteurs non chrétiens.

  1. Au début du IIe siècle, l’historien romain Tacite (v. 55-120 ap. J.-C.) déclare dans ses Annales (15, 44) à propos d’un incendie ayant ravagé la ville de Rome :

    « Néron accusa ceux que leurs abominations faisait détester et que la foule appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui fut condamné sous le principat de Tibère par le procurateur Ponce Pilate. Réprimée sur le moment, cette détestable superstition perçait de nouveau, non pas seulement en Judée mais encore à Rome ».

  2. Lucien de Samosate (125 – 192). Un orateur syrien du IIe siècle. On lui attribue plus de quatre-vingt œuvres. Il se moquait de la naïveté des chrétiens dans « La Mort de Pérégrinus » mais il affirme également que le fondateur du christianisme a été crucifié :

    « Celui qui est honoré en Palestine, où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes … Le premier législateur [des chrétiens] les a encore persuadés qu’ils sont tous frères. Dès qu’ils ont une fois changé de culte, ils renoncent aux dieux des Grecs et adorent le sophiste crucifié dont ils suivent les lois ».

  3. Le Talmud de Babylone (Sanhédrin 43a), compilé à partir du IIIe siècle:

    « La veille de Pâques, on a pendu Yéshu (Jésus). Pendant les 40 jours qui précédèrent l’exécution, un héraut allait en criant : ‘Il sera lapidé parce qu’il a pratiqué la magie, trompé et égaré Israël. Si quiconque a quelque chose à dire en sa faveur, qu’il s’avance en son nom.’ Mais on ne trouva personne qui témoignât en sa faveur et on le pendit la veille de Pâques » .

    Il ne met pas en doute la réalité historique du Christ. Il dit qu’il transgressait la loi, pratiquait la magie et faisait des sentences aux sages… et que ses disciples guérissaient les maladies en son nom.
    Il est important de noter que le Talmud est à priori hostile à Jésus : on ne peut donc taxer ses textes de partisans. Pourtant, le Talmud atteste fortement l’historicité de Jésus, mais aussi le fait qu’il accomplissait des miracles puisque le Talmud considère qu’il pratiquait la magie ! Et il en est de même pour les miracles accomplis par les disciples puisqu’il reconnaît qu’ils guérissaient des malades en son nom.

  4. Thallus, historien païen dont les écrits, qui datent de 52, dont il ne subsiste que quelques fragments, cite l’apparition d’une éclipse, à cette époque.
  5. Un manuscrit Syriaque daté de 73 (British Museum), envoyé par un Syrien nommé Mara bar Serapion, écrit à son fils, alors qu’il est en prison. Il lui conseille de respecter les sages et dit

    « […] Quel avantage les Juifs ont-ils gagné à exécuter christ, leur roi sage ? Leur royaume fut anéanti peu après […] »

  6. Suétone (69 – 125), archiviste de l’empereur Hadrien dit ceci :

    « Comme les juifs ne cessaient de troubler la cité sur l’instigation d’un certain Christus, il (Claude) les chassa de Rome » (Vie de Claude, XXV.11).
    « Il livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable » .

    Ce passage n’est pas une preuve directe de l’existence de Christ ; mais il prouve qu’au temps de Néron, c’est à dire une trentaine d’années après la mort de Christ, il y avait des personnes qui se réclamaient de lui.

  7. Cornélius Tacite (55 – 118) historien de la Rome impériale décrit l’incendie de Rome en 64, et explique que les chrétiens sont devenus les boucs émissaires de Néron qui les accuse d’avoir provoqué le feu ; vers 116 il écrit :

    « […] le nom de chrétien leur vient du nom de Christ, qui fut condamné sous le règne de Tibère, par le procureur Ponce Pilate, […] » .

  8. Celse (IIe siècle), philosophe platonicien. Il est romain et auteur du « Discours véritable « , virulente attaque contre le christianisme. Il écrit :

    « […] Vous nous donnez pour Dieu un personnage qui termina par une mort misérable, une vie infâme […] ».

    Indirectement il cite la mort misérable du dieu des chrétiens.

Comment déterminer la date de la crucifixion ?
Les calculs se fondent d’abord sur les indices temporels fournis par les textes bibliques. Des évangiles, il ressort que l’exécution a eu lieu une veille de sabbat, donc un vendredi, et que la Pâque juive tombait cette année-là un samedi. Or d’après l’Ancien Testament, la Pâque juive se place le 14 ou le 15 du mois de Nisan (mars-avril). Par ailleurs, nous savons par des sources historiques que le gouverneur Ponce Pilate fut préfet de Judée de 26 à 36. Durant cette décennie, il se trouve seulement cinq années pour lesquelles le 14 ou le 15 de Nisan tombe un samedi. Par recoupements, les historiens retiennent fréquemment les deux dates les plus plausibles pour la crucifixion, celles du vendredi 26 mars 30 et du 3 avril 33.

Une étude publiée en 1983 dans la revue Nature par deux physiciens de l’université d’Oxford, Colin J. Humphreys et W. Graeme Waddington, reprenait la piste de l’éclipse de lune en supposant que la lune ait pris ce jour-là une couleur rougeâtre, comme pourrait le suggérer l’interprétation de certains textes. Ces chercheurs constataient avec surprise qu’une telle éclipse avait effectivement eut lieu le 3 avril 33, l’une des deux dates déjà pressenties par ailleurs. Cette date emportait donc leur adhésion pour s’apparenter à celle de la mort du Christ. Quant à l’origine de l’obscurité, elle serait due à un phénomène de vent des sables.

Cette conclusion est-elle satisfaisante ?

À défaut d’un scénario plus convaincant ou plus complet, le mystère demeure…

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