Les sept vies du Saint-Sépulcre

Entre destructions, reconstructions et restaurations, voici l’histoire mouvementée du Saint-Sépulcre à Jérusalem. C’est la basilique la plus importante de la chrétienté. Vers elle, convergent les cœurs de deux milliards de chrétiens. Elle réunit l’Orient et l’Occident. C’est pour les croyants le point GPS de la mort et de la résurrection du Christ. C’est l’endroit où fut enterré, en 1100, Godefroid de Bouillon, qui refusa de prendre la couronne royale là où le Christ avait porté la couronne d’épines. C’est l’endroit que Saladin épargna, où Frédéric II de Hohenstaufen se couronna lui-même roi de la ville en 1229. C’est l’endroit que visitèrent Chateaubriand, Lamartine, Flaubert, etc.

Il y a un contraste saisissant entre la signification de cette basilique pour les chrétiens et le bâtiment. Son parvis est petit, sa façade est illisible et coincée entre d’autres constructions. On y entre par le côté et l’intérieur ne vaut pas mieux.

Pourquoi ai-je appelé cet article les 7 vies du Saint Sépulcre ? En fait il fut reconstruit sept fois entre 30 ap. J.-C. et le XXIe s.

Évolution du Saint-Sépulcre de 33 ap. J.-C à nos jours:

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Le Saint-Sépulcre ne ressemble à rien, ainsi que le tombeau vide du Christ ! Il n'y a aucun style !

Le Saint-Sépulcre ne ressemble à rien, ainsi que le tombeau vide du Christ ! Il n’y a aucun style !

Au centre, une rotonde, mêle l’art byzantin à l’art roman. Un édicule de style baroque matérialise le lieu où les disciples déposèrent le corps du Christ. Il faut avoir l’âme orientale pour y prier. Des pèlerins embrassent des colonnes ne se trouvant là que depuis le XIXe s. En fin de semaine c’est pire ! La procession des Arméniens (apostoliques) suit celle des franciscains (catholiques). Leurs chants créent une cacophonie telle qu’on se demande si c’est la puissance des cordes vocales qui donne accès au ciel. Les orientaux appellent le Saint-Sépulcre l’Anastasis (église de la résurrection) qui n’a rien pour attirer le regard. Et pourtant…

Malgré les outrages du temps et des hommes, 2000 ans ne sont pas venus à bout des indices qui permettent de situer précisément le calvaire où fut crucifié Jésus et le cimetière de sa sépulture. Descendons dans la crypte dite de Sainte Hélène : au pied des escaliers, une pierre d’un seul tenant ! ss08Nous sommes dans une carrière de pierres. Les archéologues estiment qu’elle a été utilisée depuis le VIIIe s. av. J.-C. et son exploitation aurait cessé en 586 av. J.-C. lors de l’exil des Juifs à Babylone. Elle fut de nouveau exploitée lors du retour des hébreux pour cesser au 1e s. av. J.-C. quand l’agrandissement de la ville obligea à creuser plus loin.

La crypte sainte Hélène, appelée aussi crypte de « l’invention de la croix », est le lieu où, selon la tradition, la mère de l’empereur Constantin, retrouva la vraie croix qui y aurait été enfuie. La pierre qui affleure est aussi appelée « pierre royale de Jérusalem », car sa nature géologique est très différente de celle du Golgotha.

Rendons nous à l’opposé de la crypte de sainte Hélène : dans la chapelle des Syriaques orthodoxes, derrière le tombeau de Jésus, on trouve un vestibule avec deux tombes à four (Kokhim en hébreux), ce qui prouve que l’on se trouve bien dans un cimetière.

ss09On peut se poser la question : à quoi ressemblait la tombe de Jésus ?

ss10Certainement pas à ceci.

Celle que nous visitons a subi au cours des siècles, des aménagements qui ne permettent guerre aux visiteurs de s’en faire une idée. Même les évangiles sont rares en détails.
[Mc 15,46] : « La tombe est taillée dans le roc ».
[Jn 19,41] : « c’est un tombeau neuf dans lequel personne n’avait été mis… ».
Eusèbe de Césarée en parle comme : « d’une grotte qui n’avait été propre à ne recevoir aucun corps ». [Catéchèse XIV, 9] :« Une caverne qui se trouvait devant la porte du tombeau du Sauveur et qui, comme on a la coutume de le pratiquer au-devant des tombeaux, avait été taillée dans le roc lui-même ».
La tradition que transmirent les disciples du Nazaréen semble exacte, car sinon comment expliquer l’opiniâtreté de l’empereur Hadrien à modifier le site en 135, à effacer toute trace du calvaire et de la tombe, en élevant sur le site deux temples, l’un dédié à Jupiter, Junon et Minerve et l’autre à Vénus ?
Un texte intéressant est celui de saint Jérôme (340 – 420). Il était Docteur de l’Eglise et fit un énorme travail de traduction, peut-être à partir de textes originaux. Il vécut à Antioche, Rome et Bethléem.
« Depuis le temps d’Hadrien jusqu’à l’empire de Constantin, durant environ 180 ans, la statue de Jupiter et celle en marbre de Vénus se trouvaient sur l’emplacement de la croix. »
On y trouva aussi un graffiti (qui se trouve dans l’église arménienne st Vartan), daté du IIIe s. où est inscrit « Domine Ivimus » (nous sommes venus Seigneur) qui laisse penser que l’endroit était le lieu d’un culte clandestin. Toujours est-il qu’en 313, l’empereur Constantin demanda à l’évêque de Jérusalem, Macaire, de détruire les temples romains et d’entreprendre des fouilles. Il semble qu’en 324, Eusèbe de Césarée, guidé par des graffitis trouva le tombeau du Christ.
L’empereur Constantin se rendit à Jérusalem et fit araser la colline pour mettre à nu le tombeau. Même pour Constantin, la dépense était énorme. Le tombeau exhumé, Constantin le fit recouvrir de marbre et l’entoure d’une rotonde surmontée d’un oculus. ss11Dans son prolongement, l’architecte syriaque de Constantin fit élever une basilique sur l’emplacement des temples d’Hadrien.
A cette époque l’entrée se trouvait sur le « cardo maximus » rue principale construite 200 ans auparavant par Hadrien et qui existe encore partiellement en souterrain. Une fois passé l’entrée on se trouvait dans un atrium servant de narthex avant d’atteindre le martyrium. C’était le lieu du culte proprement dit.

Voilà à quoi cela ressemblait.ss12

Eusèbe raconte que l’intérieur était recouvert de plaques de marbres polychromes et que l’extérieur était sculpté.

En 614, les Perses détruisent la basilique. L’empereur Chostroès II envoya son général Schahrbaraz, pour détruire la basilique, l’église du Calvaire et celle du Saint-Sépulcre. Dans la foulée, (trop ne nuit jamais) le général rasa une grande partie de la ville.

Vers 625, Modeste, le patriarche de Jérusalem, commença à relever les ruines. Faute de moyens financiers, il se concentra sur la rotonde avec le tombeau vide.

La basilique actuelle doit sa reconstruction à un musulman : Al-Hakim bi-Amr Allah, surnommé par les chrétiens Hakim le Fou. Ainsi surnommé, car ses 25 ans de règne oscillèrent ente terreur et libéralisme. En 1009, il ordonne au gouverneur de Rhamla (sans doute Ramallah actuel) de : « Démolir l’église de la Résurrection et d’enlever tous les symboles chrétiens en trace et en mémoire ». Un historien arabe (Yahya ibn Sa’id) raconte que les Fatimides ne laissèrent que ce qu’ils ne purent détruire.
Ces destructions furent le détonateur de la première croisade : il fallait délivrer le tombeau du Christ avant qu’il ne reste plus que pierres sur pierres. A leur arrivée, les croisés trouvèrent ce que Constantin IX Monomaque avait conservé et restauré entre 1042 et 1048, c’est-à-dire la rotonde et le cloître du Golgotha.

Le Golgotha au Saint-Sépulcre

Le Golgotha au Saint-Sépulcre

Aujourd’hui des pans de murs entiers sont l’œuvre des architectes de Constantin IX. L’église romane, presque intacte est soustraite aux regards par de hauts murs construits au fil des siècles par le clergé grec. Au contraire des byzantins qui avaient tourné la basilique vers le sépulcre, les Grecs l’orientèrent vers l’est, c’est-à-dire le soleil levant, symbole de la résurrection.
Les croisés entrent dans Jérusalem le 15 juillet 1099. En 1187, Saladin reprend la ville et fait murer tous les orifices de la basilique (portes et fenêtres), à l’exception d’une entrée latérale en face du Golgotha. Il aurait dit : « Elle suffira pour le peu de chrétiens qui se trouvent à Jérusalem ». Il en confia la clef à une famille musulmane chargée de prélever une taxe pour chaque ouverture de la porte aux chrétiens de la ville. Les descendants de cette famille sont toujours chargés d’ouvrir la porte le matin et de la fermer le soir.
La basilique ne fut ni détruite, ni profanée, mais était devenue presque inaccessible aux quelques chrétiens qui subsistaient. En fait, ce sont deux musulmans : un homme de la famille Joudeh et un autre de la famille Nuseibeh, deux clans palestiniens qui sont les gardiens de l’entrée du Saint-Sépulcre depuis le 12e siècle. Le même rituel est accompli deux fois par jour : Le sacristain de la communauté grecque leur donne, à travers la petite fenêtre, une échelle qui permet au « gardien musulman » venu avec ses clés, de monter à hauteur de la serrure.

ss15Au XIVe siècle, les choses changent : la présence Franciscaine, discontinue depuis 1229, est normalisée et stabilisée. A l’instar des Géorgiens, les Franciscains obtiennent le droit de vivre dans la basilique, mais en reclus volontaires. C’est la solution trouvée par les Franciscains pour ne pas devoir payer deux fois par jour la taxe d’entrée. Leur présence permanente va apporter à la construction initiale de très nombreuses modifications. D’autorisations en autorisations de nombreuses communautés chrétiennes vont s’installer dans la basilique. En plus d’un lieu saint, celle-ci va devenir un espace de copropriété avec des lieux privés et communs.
Dès la première moitié du XIVe s. , elle abrite déjà aux côtés des Latins, représentés par les Franciscains, des Grecs, des Géorgiens, des Arméniens, des Coptes, des Abyssins (Ethiopiens) et des Syriaques. A ce moment, chacun veut avoir son espace saint et son espace profane. Grande complication ! C’est ainsi que l’intérieur de la basilique fut fortement remanié. Le déambulatoire de la rotonde avec ses colonnes du temps d’Hadrien, fut sacrifié.

A partir du XVIe s. les rivalités confessionnelles s’exacerbèrent. Quand un groupe de pèlerins arrivaient à payer l’ouverture de la porte, (car le système de taxe était toujours en vigueur), on en profitait pour renouveler les contingents de religieux qui y étaient enfermés. Cela avait un mauvais côté. On faisait rentrer en même temps que les nouveaux religieux de nouvelles querelles œcuméniques entre Rome et Constantinople. Ces querelles menaient souvent à de véritables batailles rangées dans l’enceinte sacrée qui eurent pour conséquence de faire élever des murs toujours plus hauts pour séparer Grecs, catholiques et Arméniens.

Avec l’avènement de l’empire Ottoman au XVIe s. les Grecs orthodoxes Hellènes succédèrent aux orthodoxes arabes. Tant que la Sublime Porte domina Jérusalem, ces derniers furent toujours favorisés par le pouvoir Ottoman qui jetait de l’huile sur le feu pour attiser les querelles. En fait entre 1633 et 1668, les orthodoxes arabes obtinrent beaucoup de possessions des latins, des Grecs, des Géorgiens et des Arméniens.

En 1808, un incendie détruisit une partie du Saint-Sépulcre. Lors de la reconstruction, les Grecs orthodoxes remplacèrent l’édicule construit par les Franciscains. C’est celui que l’on voit aujourd’hui. Les Grecs orthodoxes saccagèrent les tombes des croisés et construisirent à sa place une plateforme en marbre où l’on vénère encore le lieu de crucifixion du Christ. On considère que ce furent les derniers changements structurels de la basilique. En 1852, le sultan lassé de statuer les querelles infinies des religieux, décida de geler le statut des lieux saints. Il gèle les avoirs, les transactions et les us et coutumes des différentes confessions. Plus rien ne pouvait bouger, même l’échelle posée sur la porte devait rester en place.
Plus tard, les différents pays ayant des religieux dans la basilique, installèrent une sorte de syndic d’immeuble pour régler les éternels problèmes. Ce système est toujours en fonction. Par exemple, il régla la visite papale et la visite nocturne de Poutine.

En 1927, un tremblement de terre, de force 6.5, détruisit certains éléments de la basilique. Les Britanniques la couvrirent d’échafaudages pour la restauration. Finalement, les différentes confessions qui dirigeaient les lieux saints en tant que copropriétaires décidèrent d’une grande restauration. Elle commença en 1960 et continua tant bien que mal jusqu’en 1997.

C’est donc dans ce Saint-Sépulcre, qui ne ressemble à rien, que sont célébrés les plus saints mystères du christianisme durant la semaine sainte : messe chrismale du jeudi saint, l’office de la Passion et l’office des funérailles du Christ, orchestré comme un mystère du Moyen Age avec la déposition de la statue du christ de la croix. En fonction des dates de fêtes des différents calendriers, il arrive que dans une même unité de temps et d’espace, chacun célèbre son rite en même temps. Par dérision, on appelle ces moments la « Sainte pagaille ».

Pendant la fête de Pâques une sainte hystérie s’empare des pèlerins.

Pourtant les Evangiles ne sont pas très précis.
(Mat28, 6A) « …et pourtant IL n’est pas ici… », d’autres pélerins, dans le jardin se fieront à l’Evangile de St Mathieu (Mat.28, 6B) « …voici le lieu où il gisait… ».
De toute manière, quelle que soit sa croyance, on ne revient jamais indemne d’une visite du Saint-Sépulcre.

Voici quelques images du Saint Sépulcre :

La Pierre de l'Onction qui est selon la tradition l'endroit où le corps de Jésus fut préparé avant son ensevelissement. C'est le lieu de la 13e station du Chemin de croix.

La Pierre de l’Onction qui est selon la tradition l’endroit où le corps de Jésus fut préparé avant son ensevelissement. C’est le lieu de la 13e station du Chemin de croix.

Entrée, avec ses deux portes, au fond du parvis.

Entrée, avec ses deux portes, au fond du parvis.

 L'échelle inamovible. Ci-dessus, détail d'une photographie de l'entrée principale prise en 2005.


L’échelle inamovible. Ci-dessus, détail d’une photographie de l’entrée principale prise en 2005.

Chapelle de la crucifixion

Chapelle de la crucifixion

Chapelle d'Adam sous la chapelle du Calvaire.

Chapelle d’Adam sous la chapelle du Calvaire.

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Edicule du Sépulcre.

Edicule du Sépulcre.

Chapelle de l'ange.

Chapelle de l’ange.

Chambre du Sépulcre.

Chambre du Sépulcre.

Chapelle de Ste Hélène. Construite par les Croisés, la chapelle de Sainte-Hélène est aujourd'hui réservée pour les offices de la communauté Arménienne.

Chapelle de Ste Hélène. Construite par les Croisés, la chapelle de Sainte-Hélène est aujourd’hui réservée pour les offices de la communauté Arménienne.

La chapelle rupestre de l'invention (découverte) de la Sainte Croix. Il s'agit là du point le plus bas de la basilique. Une grille signale le lieu exact de la découverte des reliques.

La chapelle rupestre de l’invention (découverte) de la Sainte Croix. Il s’agit là du point le plus bas de la basilique. Une grille signale le lieu exact de la découverte des reliques.

Le chœur des chanoines ou Catholicon, appartient aux Grecs qui l'ont séparé du reste de l'édifice, ne le laissant ouvert que sur l'Anastasis. Lors d'une restauration, on a trouvé sous le dallage d'époque croisée, les fondations de la basilique constantinienne dite Martyrium. La coupole a été recouverte de mosaïques selon le style byzantin.

Le chœur des chanoines ou Catholicon, appartient aux Grecs qui l’ont séparé du reste de l’édifice, ne le laissant ouvert que sur l’Anastasis. Lors d’une restauration, on a trouvé sous le dallage d’époque croisée, les fondations de la basilique constantinienne dite Martyrium.
La coupole a été recouverte de mosaïques selon le style byzantin.

Le Statu quo est un ensemble de traditions historiques, d’aménagements, de règles et de lois qui établit les rapports, les activités et les mouvements qui se déroulent dans les basiliques dont plusieurs confessions chrétiennes sont propriétaires.
Comme cela se sait, la porte et la clé du St Sépulcre sont gardées par deux familles musulmanes (Nuseibeh et Judeh). Le sultan d’Egypte Malek Adel – selon l’histoire de Jacques de Vitry – « Il avait beaucoup d’enfants qu’il établissait financièrement grâce à divers donations et apanages, et deux se virent préposés gardiens rémunérés de la porte du Sépulcre ». Autrefois, pour faire ouvrir la porte et entrer dans la basilique, il fallait payer une taxe individuelle. Fidenzio de Padoue disait que cette taxe avoisinait les 80 francs d’or.

Cardo Maximus, sous la ville

Cardo Maximus, sous la ville

Lors d’une de mes visites, j’ai eu la chance d’aller manger dans une maison
romaine restaurée. On se prend pour des sénateurs romains, puisque la toge
est obligatoire.

Ca fait envie n'est-ce pas !

Ca fait envie n’est-ce pas !

Références :
Beaucoup de renseignements proviennent d’une série d’articles édités par Mme Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de la revue « Terre Sainte Magazine ». Pour info. : Cette dame peut organiser des visites de Jérusalem pour des groupes de touristes. Marie-armelle@custodia.org
Ses nombreuses qualités ont été reconnues par la France. Le président de la République française l’a fait » Chevalier dans l’Ordre national du Mérite ».

Dans une conférence récente qu’elle a présentée à Namur, elle rappelle que de nombreux pays européens ont comme mission d’être protecteurs des chrétiens d’Orient. Aujourd’hui, ce rôle n’est plus de mise, la séparation de la religion et de la politique étant un heureux acquis. Mais une éthique s’impose petit à petit au niveau planétaire, sous la forme notamment des droits de l’homme. Les nations démocratiques n’auraient-elles pas un rôle protecteur à jouer au nom de celle-ci ? Non pas de manière violente, bien sûr…
Ces chrétiens persécutés au nom de leur foi ne peuvent être les oubliés de notre monde. La cause des chrétiens d’Orient est la nôtre, elle est celle de toute civilisation Les chrétiens d’Orient sont-ils amenés à disparaître ? Est-ce une fatalité inscrite dans l’Histoire ?

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