Une habitante de Pry-lez-Walcourt surnommée « La mère de tous les New-Yorkais »

Il y a quelques mois j’avais publié un article portant le titre de « New-York en Hainaut ». La collaboration du CHEWalcourt avec le cercle d’histoire de Cerfontaine m’a apporté de nouvelles informations. Voici un petit résumé de la présence des Wallons à New-York.

Avant l’arrivée des Européens, New-York était habitée par la tribu des Algonquins. Les Manates occupaient Manhattan, les Canarsis Brooklyn et les Matinecoks et les Rockways le Queens. Le 1er Européen à explorer New-York, fut l’Italien Giovanni de Verrazano en 1524. Il était mandaté par le roi de France François Ier. Il baptisa l’endroit « Nouvelle Angoulême ».

En 1609, c’est le Britannique Henry Hudson qui jeta l’ancre dans la baie de New-York. Il remonta le fleuve (qui porte aujourd’hui son nom) jusqu’à Albany. Mais la vraie colonisation commença quelques années plus tard.

En 1623-1624, le « New Nederlands » de la compagnie des Indes Occidentales accoste à Manhattan. Le navire transporte trente familles belges, pour la plupart des Wallons car certains s’étaient exilés au Pays Bas pour fuir la persécution contre les protestants. Leur groupe se composait de 110 hommes, femmes et enfants, qui avaient accepté de s’établir dans la nouvelle colonie pour une durée de six ans minimum.

Dans une pétition adressée le 5 février 1621 à Sir Dudley Carleton, ambassadeur anglais à La Haye, des familles de réfugiés wallons sollicitent le droit de s’établir en Virginie, mais n’acceptent finalement pas d’être dispersées comme leur demandait la Compagnie de Virginie, installée sur place depuis 1608. Ils acceptent plutôt la proposition de Jan de Moor, alors maire de Flessingue et membre du conseil d’État hollandais. Le 27 août 1622, l’autorisation officielle d’émigrer avec les familles candidates aux Indes occidentales est donnée, par les États de Hollande, consultés le jour même de la demande, récompensant des années d’effort de Jessé de Forest et son ami Willem Usselinx. Jessé de Forest, est né à Avesnes-sur-Helpe en Hainaut en 1576. Son esprit d’entreprise et la répression le poussent à partir pour le nouveau monde en 1622.

En juin 1625, Catherine Jeronimus Tricot , une Pérarienne (habitante de Pry lez Walcourt), est la 1re européenne à enfanter dans le Nouveau Monde, ce qui lui vaut le surnom flatteur de « mère de tous les New-Yorkais » aux États-Unis. Elle est née en 1605 à Pry lez Walcourt. Elle épouse Jonse Jansen Rapalje, le 13 janvier 1624, avec qui elle aura 11 enfants. Le premier est né le 9 juin 1625, le dernier le 9 décembre 1650, en Hollande. Catherine dut faire aussi un voyage retour, car son dernier enfant est né en Hollande et elle-même est décédée à New-York (Manhattan), le 11 septembre 1689.
Elle faisait très vraisemblablement partie du groupe de 300 colons wallons huguenots, femmes et enfants débarqués, en 1623-1624, d’un bateau hollandais avec Jessé de Forest, teinturier de son état, originaire d’Avesnes, à l’époque, ville du comté de Hainaut. Les nouveaux arrivants bâtissent une bourgade qu’ils appellent Neuf-Avesnes. Ces colons emportaient avec eux du bétail, des graines et des outils agricoles.

 

Timbres-poste de 1, 2 et 5 cents émis par les USA pour commémorer l’arrivée des colons wallons

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Tous les territoires entre la Virginie et la Nouvelle Angleterre vont porter le nom Nouvelle Belgique, Novum Belgium, Novo Belgio, Niva Belgica et Novi Belgi suivant la nationalité des colons. Plusieurs sceaux officiels rappellent que New-York porte le nom de « Sigilum Novi Belgi » et un autre le nom de « Sigilum Amstellodamensis in Novo Belgio ». Une pièce de monnaie en argent de 50 cents, ainsi que des timbres-poste de 1, 2 et 5 cents sont émis par les USA pour commémorer l’arrivée des colons wallons. De même certains noms rappellent cette colonisation par les Wallons. Le nom « Wall Street » fait référence au groupe de colons wallons qui participèrent à la fondation de la Nouvelle Amsterdam. Bien que le nom Wall Street (signifiant « rue du mur » en anglais) tient de l’existence d’un seul et même mur, à la place de la rue actuelle, les plans de la Nouvelle Amsterdam montrent deux noms différents pour cette rue. « De Waal Straat » (nom néerlandais) ne se rapporte pas à un mur, mais à un important groupe de colons wallons qui participèrent à la création de la Nouvelle Amsterdam, puisque étymologiquement, en néerlandais, un Wallon se dit « Waal ».

La baie de Wallabout, située au nord de Brooklyn, tire son nom d’une déformation du néerlandais Waal bocht qui veut dire baie wallonne, nom choisi à cause de l’implantation de plusieurs familles wallonnes.

En 1626, Pierre Minuit, un autre Wallon, calviniste d’origine tournaisienne, achète l’île de Manhattan aux Amérindiens Manhattes. C’est l’époque où le wallon est la première langue de New-York. Une place située à proximité de Battery Park, sur la pointe sud de Manhattan porte le nom de Pierre Minuit.

Le 8 septembre 1664, la colonie est rebaptisée New-York en l’honneur du duc d’York, frère du roi Charles II.

Le 18 mai 1924, le baron de Cartier de Marchienne, représentant le gouvernement belge et le roi Albert 1er a présenté au maire de New-York, John F. Hylan, un monument commémoratif, érigé en l’honneur des colons wallons, sur le site de Battery Park, à la pointe sud de Manhattan.

Monument aux Wallons à New-York

Monument aux Wallons à New-York

Il y a aussi un monument à l’honneur de Jessé de Forest à Avesnes , portant l’inscription suivante :

À Jessé De Forest, sa famille et ses vaillants compagnons du pays wallon, qui cherchaient un nouveau monde où ils pourraient en paix affirmer leurs croyances et pratiquer la religion réformée ont contribué puissamment à la fondation de New-York, la plus grande ville d’Amérique, où les enfants de Jessé De Forest : Isaac, Henri et Rachel s’établirent en 1637.

Le rôle des Wallons dans la fondation de New-York sera souligné par le président des États-Unis, Théodore Roosevelt, lui-même d’ascendance wallonne :

On peut dire que la cité de New-York fut fondée quand quelques familles de protestants wallons furent envoyées sur les bords de l’Hudson dans le bateau Nieuw Nederland en 1624.Théodore Roosevelt

Philippe de Lannoy, dont le nom s’est anglicisé avec le temps, est l’ancêtre de la célèbre famille patricienne new-yorkaise « Delano » qui compte notamment trois Présidents des États-Unis, dont Franklin Delano Roosevelt.

L’histoire a oblitéré le rôle de ces premiers pionniers qui étaient wallons.

Réf. :
http://gw.geneanet.org/crazycandles83?lang=fr&pz=mabel+mae&nz=justice&ocz=0&p=catherine+jeronomus&n=tricot

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